Rencontre avec une journaliste dans le cadre d’un EPI

(actualisé le ) par JB.MARGANTIN

Une journaliste rencontre les 3e C : un échange nourri de deux heures.

Le mercredi 11 janvier 2017, les élèves de 3e C réunis au CDI ont eu la chance de pouvoir rencontrer une journaliste, Sandrine Chesnel.

L’échange s’inscrivait dans le cadre d’un EPI (enseignement pratique interdisciplinaire) consacré à l’éducation aux médias (lanceurs d’alerte et théories du complot : comment développer son esprit critique ?) organisé par Mme Dany et M.Margantin.

Les questions* des élèves ont été nombreuses, curieuses et parfois passionnées. Les réponses de notre invitée étaient franches, parfois décapantes et passionnées, toujours instructives.

Elèves et professeurs ont pu découvrir certains aspects du métier de journaliste (Sandrine Chesnel a travaillé dans des magazines, pour des radios et une chaîne de télévision), mais aussi un parcours singulier. Sandrine Chesnel réfutera d’ailleurs la généralisation « les journalistes » et invitera les élèves à faire preuve de précision. Elle évoquera aussi sa démission d’un magazine pour illustrer l’indépendance dont chacun.e peut faire preuve.

Au terme des deux heures, il a fallu se séparer, mais nous aurions pu poursuivre la demi-journée.

*Voici quelques-unes des questions posées :
• Quels sont vos revenus ?
• Qui avez-vous rencontré de connu ?
• Où avez-vous voyagé ?
• Qu’est-ce que vous faites dans les journaux ?
• Est-ce qu’on peut faire une fausse interview ?
• Comment êtes-vous devenue journaliste ?
• Pourquoi a-t-on vu l’imam de Drancy partout à la télévision après les attentats de Charlie Hebdo ?
• Est-ce que tous les journalistes se connaissent ?
• Pourquoi Zemmour et Hanouna font-ils la Une ?
Parmi les éléments de réponse :
Revenus très variables selon les mois. Pas de revenu fixe et régulier. « Je suis payée au papier, ce qui suppose de bien évaluer le temps de travail que cela représentera : un reportage d’une minute avec une enquête peut représenter une journée de travail, une chronique d’une minute peut me prendre une heure. 3 minutes dans un journal télévisé peuvent nécessiter 5 à 6 jours de travail.
• Rédactrice, reportrice, chroniqueuse…Mais il existe des métiers (monteur.se/ ingénireur.e/ etc.)
« Quand j’étais en 6e, mes parents m’ont offert un radio réveil. C’était l’époque des radios libres. J’ai adoré et je me suis mise à rêver de devenir journaliste à la radio. Ma famille m’a découragée : « On ne connaît personne dans ce milieu. » J’ai rassuré mes parents en faisant une licence de lettres…et j’ai fini par réaliser mon rêve.
• Certains sont habiles pour faire parler d’eux, ou parlent bien.
• Il peut exister une forme de paresse qui conduit à interroger les mêmes personnes.
L’erreur existe, le travail mal fait aussi. De là à voir la main des Illuminati ou d’un autre groupe…
• Importance de croiser les regards.
Distinction entre journalisme et divertissement.
• « Quand je rentre à la maison, je préfère que mes enfants apprennent que j’ai fait connaître un scandale (bizutage dans une école de santé militaire) qui apporte des changements et des améliorations, plutôt que des mensonges. »
• Fabriquer du faux, c’est facile (montage).
Il y a une déontologie qui est très largement respectée par les 36 000 détenteurs de carte de presse. Parfois certains divertissent pour vendre du « temps de cerveau disponible » à des publicitaires : faire le buzz, ça peut rapporter beaucoup d’argent à certains.